Lectures du théâtre du Griot Blanc : « Hamlet » de William Shakespeare ouvre l’année 2026

Informations utiles par Geneviève Bigeure
Après une pièce de Marivaux, des lettres de Georges Sand, une sélection de poèmes et de textes pour célébrer la mer comme bien commun et enfin un essai autobiographique de Jean d’Ormesson pour commémorer le centenaire de sa naissance, c’est Hamlet de Shakespeare qui est à notre programme .
Que cette proposition ne rebute ou n’effraie aucun auditeur ni aucune auditrice. Certes l’histoire est des plus sombres et la manière dont elle est racontée est d’un niveau littéraire très relevé. Mais la motivation que nous avons à faire entendre Shakespeare et particulièrement « La Tragique histoire d’Hamlet, prince de Danemark », nous donne la conviction que nous pourrons intéresser et peut-être captiver avec la lecture de cette pièce. D’abord, de l’avis unanime, nous avons là un des plus grands dramaturges européens – le plus grand, diront certains – et une de ses œuvres les plus célèbres. Cela mérite qu’on
s’attache à le faire connaître et aimer.Nous sommes donc dans le registre de la tragédie et Shakespeare y excelle. Certes ce n’est pas ce que préfère le grand public, qui affectionne les comédies, particulièrement sous la forme très populaire du théâtre dit de boulevard.
Spectateurs et spectatrices aiment beaucoup aller voir un spectacle pour se distraire, se divertir, oublier les choses tristes et dures de la vie de tous les jours, pour passer un bon moment à admirer des comédiens et comédiennes talentueux qui les font rire. Et ce que nous disons là pour le théâtre proprement dit est valable aussi pour la lecture.
Mais depuis que la littérature et le théâtre existent, ils traitent aussi des sujets graves, tristes, déchirants. Et si nous allons au théâtre, (qui nous représente notre condition humaine et la vie en société) pour rire ensemble de nos travers, de nos ridicules et de nos mésaventures, nous y allons aussi pour nous émouvoir, nous désoler et même pleurer ensemble sur les malheurs des êtres humains et sur les drames de la vie. Et c’est un beau moment commun de compassion et mystérieusement d’allègement de nos tourments.
Dans une tragédie, qui se passe toujours chez les grands, le malheureux héros est immanquablement broyé par une fatalité implacable. C’est bien le cas d’Hamlet. Fils de roi, il est versé dans les études ; mais le voilà sommé de venger son père assassiné par son propre frère, qui s’est emparé de son trône et de sa
femme, la mère d’Hamlet. Mais il n’est pas en mesure d’assumer ce devoir d’un autre temps. Sa vie et celle de tout son entourage bascule et tout se finit dans une terrible hécatombe. Voilà qui est peu engageant et propre à faire fuir ! direz- vous; et bien non car le déroulement du drame est à tout moment palpitant ; et les pensées et sentiments des personnages magnifiquement analysés et
exprimés, avec une profondeur et une richesse de langage vraiment uniques.
