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François Glon interroge l’avenir de l’illustration face à l’intelligence artificielle

Dans le cadre de l’exposition consacrée aux croquis inédits de Jean-Claude Pertuzé, la médiathèque éponyme a accueilli, jeudi 4 juin, l’illustrateur, graphiste et directeur artistique François Glon pour une conférence aussi passionnante que stimulante.

Pendant près d’une heure, l’invité a entraîné son auditoire dans un voyage à travers l’histoire de l’illustration, retraçant les grandes évolutions de cet art, ses périodes de crise et les mutations qui ont façonné son développement au fil des décennies. Mais c’est surtout la question de l’intelligence artificielle générative qui a retenu l’attention du public.

Sans rejeter les innovations technologiques, François Glon a porté un regard lucide sur ces nouveaux outils qui bouleversent les pratiques créatives. Selon lui, les plateformes d’IA générative donnent l’illusion que chacun peut devenir artiste en quelques mots-clés. « Un prompt ne remplace pas un regard », a-t-il rappelé en substance, soulignant que la création demeure avant tout le fruit d’une sensibilité, d’une réflexion et d’un savoir-faire acquis au fil des années.

S’il reconnaît le caractère innovant de solutions comme Midjourney, le directeur artistique n’a pas manqué d’en pointer les limites. Derrière des images souvent spectaculaires subsistent des imperfections parfois flagrantes, perceptibles uniquement aux yeux les plus exercés. Pourtant, ces productions sont aujourd’hui consommées et diffusées massivement, participant à une profonde transformation de notre rapport aux images.

Cette réflexion sur la création a naturellement conduit François Glon à évoquer la figure de Jean-Claude Pertuzé. À travers plusieurs exemples, il a établi un parallèle éclairant entre l’œuvre du dessinateur toulousain et son propre parcours artistique. Tous deux partagent un attachement profond au dessin, à l’observation du réel et à une forme de liberté créative qui refuse les conventions.

Abordant également le dessin de presse et la caricature, François Glon a défendu avec conviction l’importance de préserver des espaces d’expression indépendants, capables de questionner, de déranger parfois, mais surtout de faire réfléchir.

À l’issue de cette rencontre riche en échanges, une interrogation semblait flotter dans l’esprit de nombreux participants : par son engagement en faveur du dessin, son regard critique sur son époque et sa fidélité à une certaine idée de la création, François Glon ne serait-il pas, à sa manière, l’héritier spirituel de Jean-Claude Pertuzé ?

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